Mise en œuvre des agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunes, Paix et Sécurité : Les organisations de la société civile féministes ivoiriennes s’engagent.

Article : Mise en œuvre des agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunes, Paix et Sécurité : Les organisations de la société civile féministes ivoiriennes s’engagent.
Crédit: Rita Pascale Kwaminan
21 septembre 2024

Mise en œuvre des agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunes, Paix et Sécurité : Les organisations de la société civile féministes ivoiriennes s’engagent.

Pour marquer la commémoration de la Journée Internationale de la Paix, le samedi 21 septembre 2024, l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) a accueilli, à son siège au Plateau, le lancement du projet « Agendas féministes, paix et sécurité – Femmes d’Afrique de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix ». Cette cérémonie qui a réuni les organisations de la société civile, les activistes féministes et les acteurs des médias a servi également de cadre à une conférence intitulée « L’évolution de la participation des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix dans les instances décisionnelles en Côte d’Ivoire » animée Mme Doumbia Fanta, Présidente Exécutive de l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire (OFACI. Elle a rappelé dans son intervention que l’implication des femmes dans la résolution des conflits n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, elles occupent une place déterminante dans la gestion des crises. Et la résolution 13.25 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, adoptée en 2000, qui vise à promouvoir la participation des femmes dans les efforts de paix marque un tournant décisif.

D’importants progrès réalisées en Côte d’Ivoire en matière d’inclusion des femmes dans les processus de paix.

La conférencière a relevé qu’en Côte d’Ivoire, des progrès notables ont été réalisés pour intégrer les femmes dans les processus de paix. Ainsi, entre 2008, le premier Plan d’Action National a été adopté pour renforcer leur participation et lutter contre les violences basées sur le genre (VBG). Cependant, ce programme a rencontré des difficultés en raison des crises politiques successives qu’a connu notre pays. En 2022, un second Plan d’Action qui couvre la période de 2023 à 2028 a été élaboré et il est en cours de validation.

Parmi les succès majeurs, on peut citer :

  • L’ouverture de l’Ecole Militaire Préparatoire aux Femmes en 2013,
  • La révision de la loi relative au mariage de 2013 qui consacre l’égalité homme-femme dans le mariage,
  • La ratification du Statut de Rome en 2015,
  • L’adoption de la loi de protection en faveur des défenseurs des droits humains en 2014,
  • La création de l’Observatoire National de l’Égalité du Genre (ONEG),
  • La révision du code pénal et de la loi sur le mariage.

Néanmoins, plusieurs défis subsistent à la participation des femmes à la prévention des conflits. Ce sont en autres :

  • La persistance de normes sociales patriarcales qui limitent l’accès des femmes aux postes de décision,
  • La sous-représentation des femmes dans les instances politiques
  • L’accès difficile à la justice pour les victimes de VBG et la lenteur des procédures judiciaires,
  • Le manque de financement pour les programmes dédiés à la paix et à la sécurité des femmes.

Au titre des recommandations, Mme Doumbia Fanta propose les actions suivantes :

  • Renforcer l’accès des femmes à la justice,
  • Intensifier la sensibilisation et la formation des femmes dans les zones rurales,
  • Promouvoir leur participation active dans les instances décisionnelles et les processus de paix.
Table de séance

Agendas féministes, paix et sécurité – Femmes d’Afrique de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix, un projet qui vient répondre aux défis liées à inclusion des femmes dans le processus de prévention et de gestion des conflits.

En ce qui concerne le projet « Agendas féministes, paix et sécurité – Femmes d’Afrique de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix », Mme DIERO Ramatou, point focal de l’AFJCI pour Équipop en Côte d’Ivoire a expliqué que ledit projet est financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et mis en œuvre par un consortium composé de 04 organisations non gouvernementales dont Diakonia au Burkina Faso, Femmes Actions et Développement (FAD) au Niger, Gorée Institute au Sénégal et Equipop qui en est la cheffe de file. Le projet sera déployé dans 06 pays à savoir : la Côte d’Ivoire, le Benin, le Togo, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. En Côte d’Ivoire, le projet sera mis en œuvre dans les Régions du Denguélé, des Savanes, du Zanzan et la Vallée du Bandama. Pour mener ce projet, des organisations ivoiriennes ont été identifiées. Il s’agit de l’AFJCI, L’OFACI, ONG Opinion éclairée, ORAF, les médiatrices de la paix, la Ligue ivoirienne des droits des femmes…

Les femmes sont des actrices clés de la paix et de la sécurité dans notre société.

Me Aka Anghui Francine, Présidente du Conseil d’Administration de l’AFJCI

 

Dans le cadre de ce projet, les femmes seront formées aux techniques de médiation et de résolution des conflits. Des sessions de sensibilisation sur Violences Basées sur le Genre sont également prévues. Toutes ces actions visent à outiller les femmes, particulièrement dans les zones rurales, pour jouer un rôle actif dans la prévention des conflits.

Pour clôre la cérémonie, Me Aka Anghui Francine, Présidente du Conseil d’Administration de l’AFJCI a souligné que, son organisation est engagée dans la formation et la sensibilisation des femmes depuis 40 ans. Et l’inclusion des femmes dans le processus de prévention et de gestion des conflits et la lutte contre les VBG sont deux thématiques capitale pour l’AFJCI. Et l’organisation dispose de 12 cliniques juridiques qui sillonnent le pays.

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